Après le gel des crédits octroyés à la part collective du Pass Culture, certaines DRAC annoncent des baisses sur le programme 361 «transmission des savoirs et démocratisation de la culture», jusque-là relativement épargné : – 15% par exemple en Nouvelle-Aquitaine. Enième mensonge de notre ministre de la Culture qui répète à qui veut l’entendre  » qu’il ne manquera pas un euro dans les territoires » .

Quant à l’enseignement spécialisé, les militant·es des syndicats du SNAM commencent déjà à être alerté·es de non-renouvellements de CDD dans la fonction publique territoriale ou de fermetures de classe… Même le CRR de Toulouse, établissement historique, subit le gel des recrutements et le non-remplacement des enseignant·es (pétition disponible sur change.org).

En outre, vendredi 6 juin dernier, a eu lieu le comité annuel de suivi du SNOP. De brillantes interventions ont émaillé la matinée, notamment au sujet des violences de toute nature (sexuelles, verbales, éducatives). Pourtant, force est de constater qu’aucun budget ne sera dégagé pour faire face à ces enjeux et aux autres ambitions du SNOP.
Pire : pour pallier le manque d’attractivité de nos métiers, la seule solution proposée est le recrutement dérogatoire (notamment pour les directeur·ices et les PEA nécessaires au classement à rayonnement départemental ou régional) ainsi que l’assouplissement des règles concernant l’encadrement des élèves inscrits en cycle menant au Diplôme National, plutôt que d’envisager une meilleure organisation des concours d’accès à l’emploi statutaire ou une revalorisation des conditions de travail et de rémunération, en lien avec le ministère de la fonction publique.

Mais l’attaque la plus rude actuellement concerne l’enseignement supérieur :

  • Désengagement du conseil régional des Pays de la Loire auprès du Pont Supérieur Bretagne/Pays de La Loire. En conséquence, aucun recrutement d’étudiant·es en Diplôme d’Etat/Diplôme National Supérieur Professionnel pour la prochaine rentrée ;
  • Fusion du Pôle d’Enseignement Supérieur Musique et Danse de Bordeaux et du Pôle Aliénor Poitiers-Tours, au motif affiché de proposer une «offre pédagogique unifiée» ;
  • Baisse de 780 000 euros du ministère sur le budget du CNSMD de Lyon, répercutée immédiatement et sans concertation sur les formations au Certificat d’Aptitude de professeur.

Tout cela intervient après un premier drame pour l’enseignement supérieur : la fermeture du Centre de Formation des Musiciens Intervenants (CFMI) du Grand Est, en 2024.

L’avenir des étudiant·es en musique et en danse n’a jamais été aussi incertain. Nos métiers sont menacés d’extinction par une telle attaque des formations préparant au DUMI, au DE, au DNSPM ainsi qu’au CA. Et au bout du compte, c’est tout le service public de l’enseignement des arts ainsi que les usagers qui seront perdants.

La rentrée 2025 sera mobilisée ou ne sera pas.

Paris le 24 juin 2025


L’Artiste Enseignant n° 94

 Publié le : 24 Juin 2025  

  • Violences sexistes et sexuelles, dernières avancées
  • Le droit de grève
  • Concours et examens professionnels : l’enseignement artistique est toujours à l’écart
  • L’enseignement supérieur sous le feu des coupes budgétaires

Snam.Infos n°94

 Publié le : 17 Juin 2025  

  • Communiqué de presse : concertation sur les captations audiovisuelles : avec les artistes !
  • Congrès du SNAM : rapport moral et d’activité
  • Nouvelle direction
  • Congrès du SNAM : rapport d’orientation
  • Communiqué de presse : la région Pays-de-la-Loire abandonne les bars en quittant le Gip Cafés Cultures en 2026
  • Congrès du SNAM : motion Service public/droits culturels
  • Congrès du SNAM : motion Les violences dans le milieu de la musique
  • Le droit de grève
  • Concours et examens professionnels : l’enseignement artistique est toujours à l’écart
  • L’enseignement supérieur sous le feu des coupes budgétaires

La région Pays de la Loire abandonne les bars en quittant le Gip Cafés Cultures en 2026

 Publié le : 2 Juin 2025  

La région Pays de la Loire avait annoncé 82 millions d’euros de coupes budgétaires sur le budget 2025. Cette politique destructrice du secteur culturel continue en 2026. En effet, la région Pays de la Loire va quitter le Gip Cafés Cultures en 2026 en ne reconduisant pas son enveloppe de 100 000 euros. Ces 100 000 euros paraissent pourtant une goutte d’eau à l’échelle d’une région, et leur suppression participe à la disparition de la culture sur ce territoire. C’est un choix politique qui veut se faire passer pour un choix économique.

Cette région, qui avait accueilli la phase d’expérimentation de ce dispositif d’aide à l’emploi direct dans les Hôtels Cafés Restaurants (HCR), est l’une des 3 collectivités adhérentes lors de son lancement national, en 2015. Elle était donc particulièrement impliquée dans sa création et peut en être fière : aujourd’hui, ce sont près de 90 collectivités territoriales qui contribuent à l’expansion du GIP Cafés-Cultures, convaincues de sa pertinence. Quel autre dispositif peut se prévaloir d’une telle réussite ?

Le départ annoncé de la région Pays de la Loire du GIP est donc un reniement politique et symbolique majeur. Il faut rajouter à cela le déni du ministère de la culture sur les coupes de toutes les collectivités territoriales. C’est aussi une offre culturelle de proximité qui disparaît à destination d’un public qui n’a pas toujours accès à des salles de spectacle par éloignement géographique ou par habitude culturelle.

L’enveloppe peut paraître modeste, mais en 2024 elle a permis à 1562 salarié·es de travailler dans 924 spectacles qui se sont produits dans 155 lieux. En 10 ans la région a soutenu près de 500 HCR ET 24 617 cachets. La Région est la seule collectivité financeuse pour 60% des HCR bénéficiaires dans ce territoire. L’impact de cette décision sur les Hôtels Cafés Restaurants et l’emploi artistique est catastrophique. Les musiciens et musiciennes seront les plus touché·es, nous savons que les fonds sont utilisés en très grande partie pour la diffusion de concerts dans les bars.

Les collectivités adhérentes dans les Pays de la Loire vont devoir assumer seules le financement du dispositif sur leurs territoires. La diminution du montant de l’enveloppe de l’aide signifie donc diminution de l’emploi et va mettre en danger beaucoup d’artistes et de technicien·nes. C’est tout le secteur musical ligérien qui est en deuil ! Le Gip a aussi participé à une baisse importante du travail dissimulé dans les bars, un retour en arrière est impensable.

La région Pays de la Loire doit revenir sur sa décision. Elle va mettre en cause 10 ans de travail pour développer l’utilisation de ce dispositif sur ce territoire qui était devenu un exemple. C’est aussi tout le secteur occasionnel qui doit se mobiliser. Le Gip Cafés Cultures est le seul outil de politique culturelle à l’intention du secteur occasionnel.

Paris, le 3 juin 2024

La CGT alerte : la casse des services publics continue !

Les coupes budgétaires dans le secteur culturel (associations, collectivités territoriales, établissements publics, écoles et universités) touchent désormais un secteur essentiel l’enseignement artistique spécialisé. De plus en plus de collectivités locales menacent de fermer des écoles et conservatoires, baissent les subventions aux compagnies
locales, aux écoles d’art et design, aux établissements d’enseignement supérieur, aux associations et suppriment des postes d’agent public ou remettent en cause les horaires et les missions. Ces coupes viennent s’ajouter à celles de l’Etat en direction du secteur ou des collectivités qui le soutenaient d’ordinaire.

Quelques exemples récents :

  • Pour éviter de mettre la clé sous la porte, les écoles de musique associatives de Charente-Maritime appellent au soutien de mécènes et de particuliers.
  • Désengagement du conseil régional des Pays de la Loire auprès du Pont Supérieur Bretagne / Pays de La Loire. En conséquence, aucun recrutement d’étudiant en DE / DNSP pour la prochaine rentrée.
  • Fusion du Pôle d’Enseignement Supérieur Musique et Danse de Bordeaux et du Pôle Aliénor Poitiers-Tours, au motif affiché de proposer une « offre pédagogique unifiée ».
  • A Cornebarrieu en Haute-Garonne, la municipalité envisage de privatiser l’école de musique publique.
  • L’Etat réduit drastiquement – jusqu’à 33% – les crédits des enveloppes « politique de la ville ».

Moins de moyens, c’est :

  • La fermeture de structures culturelles (associations, médiathèques, conservatoires, centres d’art…).
  • La précarisation des salarié.es et des agents : contrats non renouvelés, postes gelés ou supprimés, diminution du temps de travail des enseignants.
  • Une offre culturelle dégradée pour les habitants·es, notamment dans les territoires ruraux ou populaires.
  • Un recul dramatique de l’accès à l’art et à la pratique artistique, notamment pour les jeunes.

L’enseignement artistique spécialisé n’est pas un luxe, c’est un droit !

La musique, la danse, le théâtre, les arts visuels… Ce sont des piliers de l’épanouissement personnel, de la cohésion sociale, de la citoyenneté. Ils doivent rester accessibles à toutes et tous. Chacun·e doit pouvoir exercer ses droits culturels et, dans ce cadre, accéder à la pratique artistique de son choix. Or, les logiques comptables imposées par les élus ou l’État mettent en péril ces missions du service public de la culture.

La CGT revendique :

  • Le maintien et la revalorisation des budgets culturels dans la FPT et dans les associations.
  • L’organisation régulière et rapprochée de concours d’accès à l’emploi sous statut dans la FPT.
  • La titularisation ou la CDIsation des agents précaires qui y sont éligibles et le respect de leurs statuts (les agents contractuels n’ont pas de statut).
  • Des conditions de travail plus dignes (fini la précarité, les salaires bas, les conditions de travail délétères…).
  • La suppression de la qualification d’animateur technicien pour les enseignants·es du secteur associatif.
  • Le passage de tous·tes les enseignant·es artistiques de la FPT en catégorie A.
  • Un véritable plan de soutien à l’enseignement artistique spécialisé territorial.
  • L’arrêt immédiat des suppressions de postes et de services.

Ne laissons pas détruire nos services publics de proximité !

Mobilisons-nous ensemble pour défendre la culture, l’emploi public et associatif qualifié, l’égalité d’accès aux savoirs, à l’art et à son enseignement !

Rejoignez la CGT – Ensemble, on est plus forts ! Participez aux mobilisations CGT du 22 au 25 mai et le 5 juin partout en France.

Le 21 mai 2025

L’interfédérale CGT « Enseignement Artistique »


Ce matin le Maire de Tours Emmanuel Denis, la Vice-Présidente de la Région Centre Val de Loire Delphine Benassy, le Directeur de l’Opéra de Tours Laurent Campellone et des musiciens et musiciennes de l’orchestre intégré.es à une délégation de notre syndicat ont été reçus par des conseillères du cabinet de Rachida Dati, la ministre de la Culture

Toutes les collectivités du territoire se sont mises d’accord entre elles et avec les représentant.es syndica.les des musiciens et musiciennes de l’orchestre pour présenter à la ministre un projet de création d’un orchestre permanent dans la région (qui peut être communiqué sur demande). Le projet artistique et culturel basé sur un maintien de l’activité lyrique à Tours et sur une forte augmentation du nombre de levers de rideau symphoniques dans la région comporte aussi un versant important d’accompagnement de la pratique en amateur ou de travail auprès des scolaires, l’ensemble des partenaires ayant à cœur de lier un haut niveau d’excellence artistique à une proximité forte avec la population. 

Comme l’ont expliqué les différentes parties prenantes dont Laura Perrine-Martin, co-hautbois-solo au sein de l’orchestre de Tours et porte-parole syndicale, l’orchestre se trouve dans une grave crise depuis des années. D’une part le maintien des musiciens et musiciennes sous le statut abusif du CDD d’usage n’est plus tenable : depuis quelques années ils et elles se mobilisent pour sortir de cette précarité subie par le biais de multiples manifestations et journées de grève, certains artistes ayant même déposé des recours devant le Conseil de Prud’hommes. D’autre part, le sous-financement chronique de l’orchestre a entraîné ces dernières années une baisse de l’activité des artistes et du nombre de concerts offerts au public. Fort heureusement les collectivités semblent en avoir pris la mesure et annoncent vouloir recruter désormais les artistes en CDI à temps complet tout en refinançant la structure. A ce jour, seul l’Etat n’a pas encore indiqué à quelle hauteur il pourrait réévaluer sa contribution. Nous avons entendu ce matin les conseillères de la ministre reconnaitre la pertinence du scénario artistique et financier présenté tout en disant qu' »un pas sera fait pour cette année et les années suivantes  » . 

La ministre de la Culture Rachida Dati qui déclare à qui veut l’entendre sa volonté de soutenir la vie culturelle partout sur les territoires et notamment en zone rurale a ici une opportunité de passer de la parole aux actes. Dernière région française à être dépourvue d’orchestre permanent, le Centre Val de Loire se caractérise aussi par une prééminence du milieu rural et de nombreuses villes petites ou moyennes. 

Nous appelons l’ensemble des forces politiques, syndicales, associatives ou citoyennes attachées au développement de la vie musicale à Tours et dans la région à interpeller la ministre de la Culture pour obtenir le déblocage de la part de budget qui manque encore – on parle de moins de 500 000 € par an – pour la création d’un orchestre permanent au service de la population. 

Paris le 15 mai 2025


Le Snam-CGT vient de réunir son Congrès statutaire à Tours ces 12 et 13 mai. Des musiciens et musiciennes issu·es de toutes les régions, qu’ils et elles soient intermittent·es du spectacle, artistes permanent·es des ensembles symphoniques et maisons d’opéra, enseignant·es des conservatoires ou du secteur associatif, ont débattu de motions portant sur les violences sexistes et sexuelles dans le milieu musical ou sur la nécessité d’un Service public des arts et de la culture à même de répondre aux besoins et aspirations de la population de notre pays. 

Une table ronde a abordé la question du soutien à apporter à la production des projets portés par des artistes souvent sans entourage professionnel et une autre les ambitions d’un Snam-CGT dont le nombre d’adhérent·es croît régulièrement depuis plusieurs années. Plusieurs invité·es ont eu l’occasion de prendre la parole et d’échanger avec les congressistes, parmi lesquels par exemple des dirigeantes de l’ADAMI et de la SPEDIDAM ou le Secrétaire Général de la Fédération Internationale des Musiciens.

Le Bureau Exécutif de 29 membres a été élu au sein duquel ont été désigné·es :

  • Sophie Bollich (Orchestre National des Pays de la Loire) : Présidente
  • Laurence Giraudet (Conservatoire de Mérignac) : Vice-Présidente
  • Mickaël Masclet (Orchestre National des Pays de la Loire) : Trésorier
  • Philippe Gautier (intermittent musiques actuelles) : Secrétaire Général
  • Karine Huet (intermittente musiques actuelles) : Secrétaire Générale Adjointe
  • Timo Metzemakers : (intermittent musiques actuelles) : Secrétaire Général Adjoint
  • Laurence Giraudet et Nathalie Grandet (conservatoire de la Côte d’Albâtre) ont été élues co-secrétaires de la Branche Nationale de l’Enseignement
  • Guillaume Bidar (Orchestre National de Mulhouse) et Laura Perrine-Martin (Orchestre région Centre Val de Loire – Tours) ont été élus co-secrétaires de la Branche Nationale des Ensembles Permanents
  • Thierry Oury a été élu Secrétaire de la Branche Nationale des Intermittent·es des Musiques Actuelles

La nouvelle équipe remercie chaleureusement les militant.es qui passent le relai à l’occasion de ce Congrès parmi lesquels Pierre-Marie Bommier, Jonathan Di Credico, Christophe Grasser, Tristan Liehr et Lionel Tessier.

Paris, le 14 mai 2025


Décès de notre collègue, camarade et ami Jean-Paul Bazin 

 Publié le : 2 Mai 2025  

Nous avons appris avec une très grande tristesse le décès de notre collègue, camarade et ami le musicien Jean-Paul Bazin qui présidait depuis juillet dernier la SPEDIDAM  

Jean-Paul faisait partie de ces musiciens qui conjuguent l’exigence artistique avec le combat pour le respect des droits. Une grande partie de sa vie s’est passée sur scène ou dans les studios d’enregistrement. Mais une autre était faite d’engagements et de combats collectifs : les jours de manifestation on le voyait dans les cortèges syndicaux. Il avait aussi appris à connaitre les droits des artistes pour les faire respecter. Et il jouait finalement les porte-paroles auprès des producteurs ou des pouvoirs publics quand le besoin s’en faisait ressentir. 

Ces dernières années son combat s’était cristallisé sur la SPEDIDAM dont les dirigeants en place étaient critiqués par toute un partie de la profession mais aussi par des magistrats de la Cour des Comptes. Coalisant des artistes de tous horizons il avait mené le combat pour changer la SPEDIDAM, une des deux sociétés qui gèrent les droits des artistes interprète en France. La Direction en place avait bien tenté de l’en empêcher, parfois par des manœuvres que la justice à condamnées à plusieurs reprises, parfois par des attaques personnelles que Jean-Paul avait dû encaisser. Mais, grâce à sa pugnacité, et parce que ce combat était juste, la coalition  » Pour une Spedidam moderne, efficace et transparente  » à laquelle il participait, et dont nous faisions partie, avait finalement obtenu la majorité des suffrages, et en juillet dernier il avait élu Président de la SPEDIDAM. Au bout de quelques mois à peine la terrible maladie qui allait l’emporter le contraignait à déléguer ses fonctions aux autres artistes qui avaient mené les campagnes à ses côtés.  

Nous pensées vont aussi à sa famille et à ses proches à qui nous adressons nos condoléances. Nous les assurons que, nous non plus, nous n’oublierons pas Jean-Paul. 

Paris le 30 avril 2025