L’extrême droite infuse ses idées en utilisant la Culture – Les musicien.nes refusent de se faire instrumentaliser

 Publié le : 17 Août 2026  

La bataille culturelle de l’extrême droite est bel et bien engagée, et ses conséquences se font déjà sentir. Nous devons nous préparer à une offensive toujours plus brutale contre nos possibilités de travailler, de créer et de diffuser nos œuvres. Depuis deux ans, la liste des concerts annulés, des artistes déprogrammés et des événements censurés ne cesse de s’allonger.

Tous les courants politiques ont compris le pouvoir de la musique, comme celui de la culture en général. Nous, musiciennes et musiciens, enseignant·es et interprètes, savons que notre travail ne se limite pas à transmettre un savoir ou à produire des œuvres : il façonne des imaginaires, véhicule des valeurs, porte des idées et contribue à construire les représentations qui traversent la société. C’est pourquoi nous sommes au cœur de la bataille culturelle. Nos esthétiques musicales ne sont jamais neutres : elles sont investies de significations, de récits et de rapports de force. Face aux offensives réactionnaires, nous avons la responsabilité de faire vivre une musique porteuse d’émancipation, d’ouverture et de solidarité. Une musique qui demeure un rempart contre le fascisme.

La différence de traitement médiatique entre ces différentes annulations participe elle aussi à cette instrumentalisation. Qu’il s’agisse de la censure visant le rappeur Médine, de l’annulation du concert Queen Forever, du festival de jazz de Vauvert, du concert de Liraz à FGO Barbara ou encore de la déprogrammation du groupe nord-irlandais Kneecap par Rock en Seine, un même phénomène est à l’œuvre : pour des raisons politiques toujours réactionnaires ou idéologiques, ces artistes ont été empêchés de se produire. Derrière ces décisions, c’est l’idéologie qui cherche à dicter ce qui peut ou ne peut pas être entendu.

Le problème le plus profond est sans doute celui de la censure invisible. Les artistes ne sont pas déprogrammés, ils ne sont juste pas programmés. Dans un climat où les pressions politiques et idéologiques se multiplient, comment ne pas être tenté de s’autocensurer afin de garder des chances de travailler ? Cette autocensure silencieuse, difficile à mesurer mais bien réelle, constitue l’une des formes les plus insidieuses de la bataille culturelle. En être conscient est sans doute le seul remède.

Nous revendiquons le boycott culturel comme une forme d’action politique pacifique qui ne s’attaque en aucun cas à l’intégrité physique individuelle, tout particulièrement de musiciens ou musiciennes sur scène. Ce mode d’action ne saurait être assimilé à une quelconque censure. Dans une société démocratique, il est essentiel de préserver la possibilité de recourir à de tels moyens de contestation, alors même que cette liberté est aujourd’hui de plus en plus remise en cause.

Plus que jamais, nous devons nous rassembler pour dénoncer toutes les formes de censure, quelles qu’elles soient, et les combattre avec la même détermination et sans les hiérarchiser.

Paris, le 31 juillet 2026

Communique du syndicat des musicien.nes CGT en Ile de France

Contact@snamidf-cgt.org – www.snamidf-cgt.org

L’Artiste Enseignant n° 98

 Publié le : 23 Juil 2026  

  • Les enseignant.es artistiques mobilisé.es
  • Grilles indiciaires de la fonction publique territoriale
  • Tout savoir (ou presque) sur les examens pro, épisode 2/2 : l’avancement de grade

L’Artiste Enseignant n° 97

 Publié le : 23 Juil 2026  

  • Tous.tes en catégorie A de la fonction publique territoriale !
  • Tous.les professeur.es dans l’associatif !
  • Les examens professionnels des enseignant.es artistiques – Episode 1/2 : la promotion interne
  • Quand les lobbys d’employeurs organisent le déclassement du métier d’enseignant.e !

L’Artiste Enseignant n° 96

 Publié le : 23 Juil 2026  

  • Les élections professionnelles dans la Fonction Publique Territoriale : c’est en 2026
  • Communiqué de presse intersyndical : concours ATEA 2026
  • Une institution représentative du personnel dans les écoles associatives de musique et/ou de danse : le CSE

Snam.Infos n° 98

 Publié le : 23 Juil 2026  

  • Elections SPEDIDAM
  • Brèves
  • Le Snam au congrès de la CGT
  • Quand le RN censure le jazz
  • Les enseignant.es artistiques mobilisé.es !
  • Tout savoir (ou presque) sur les examens pro, épisode 2/2 : l’avancement de grade
  • Grilles indiciaires de la fonction publique territoriale

Le scrutin en ligne pour ces élections ouvre ce lundi 1er juin 2026. Nous soutenons cette année encore une liste de personnes, syndiqué·es ou non, artistes pratiquant le chant ou la musique, le classique ou les musiques actuelles, permanent·es des orchestres ou intermittent·es du spectacle.

Vous trouverez toutes les infos sur le sujet ici.

Pour le Conseil d’Administration : 8 postes à pourvoir

RENAUDIN Frédéric, pianiste, multi-instrumentiste, compositeur

ARBION Guy, tromboniste basse, tubiste

DEGIOANNI Martine, harpiste, tromboniste

DURAND Camille (Ellinoa), compositrice, vocaliste et directrice d’ensemble

GUILLOT Régis, batteur

LEQUEUX Hélène, violoniste

MORAND Tullia, saxophoniste, compositrice, arrangeuse et cheffe d’orchestre

MOUROT Hélène, hautboïste

Nous appelons à voter pour l’ensemble des noms présents sur cette liste (et non un seul).

Nous appelons à voter en faveur de toutes les résolutions.


ADAMI : Élections au Conseil d’administration 

 Publié le : 26 Mai 2026  

INFO SFA & SNAM-CGT – MAI / JUIN 2026

L’ADAMI est l’organisme de gestion collective des droits voisins des artistes interprètes, fondé en 1955 à l’initiative du SFA. Si vous êtes associé·e de l’ADAMI, vous avez du récemment recevoir le matériel de vote pour participer à l’élection d’un tiers de son Conseil d’administration. Il faut participer au scrutin en ligne avant le 22 juin 2026, date de l’assemblée générale annuelle.

L’engagement des artistes dans la vie de leur société est vital pour son fonctionnement dynamique et sain. Comme chaque année, le SFA et le SNAM-CGT soutiennent une liste d’artistes interprètes candidat·es pour cette élection afin de construire, avec les artistes déjà présent·es au Conseil d’administration, un collectif cohérent, capable d’assumer ensemble les responsabilités importantes exigées pour renforcer notre OGC, ainsi que pour défendre et construire les droits de tout·es les artistes interprètes, associée·es ou non de l’ADAMI. Parmi les artistes interprètes dont nous soutenons la candidature, il y a des personnes qui ont déjà servies au Conseil d’administration avec intelligence et fidélité, et d’autres qui, nous sommes convaincus, sauront apporter une énergie nouvelle et des idées fraîches au travail collectif.

  • L’explosion de l’Intelligence artificielle générative (IAGen) dans nos secteurs d’activité devient chaque jour plus évidente et plus menaçante. Le gouvernement français peine à prendre les mesures de protections nécessaires et continue d’encourager les entreprises de la technologie. Nos syndicats se battent depuis plusieurs années au niveau national et européen (avec nos Fédérations internationales) pour que, là où la loi fait défaut, la négociation collective apporte des protections aux artistes. Le Conseil d’administration de l’ADAMI a prononcé un « opt-out » pour ses artistes associé·es l’année dernière, constituant ainsi un premier niveau de protection. Nous continuerons à travailler ensemble, nous syndicats avec l’ADAMI, pour préserver et faire entendre les intérêts des interprètes dans ce champ de mines.
  • L’érosion du financement dédié au spectacle vivant s’accentue. Sans se substituer aux financements publics, les aides de l’ADAMI doivent continuer à jouer leur rôle essentiel, sous le contrôle des administrateur·ices de l’ADAMI, que ce soit pour le Spectacle vivant, la formation, les enregistrements ou pour assister les artistes qui traversent des moments difficiles. 
  • Ces aides sont alimentées par l’argent issu de la redevance pour copie privée et de la rémunération équitable, qu’il faut renforcer. Pourquoi ne pas imaginer de nouvelles sources de financement afin d’accroître l’emploi, comme par exemple une redevance spécifique en compensation partielle de l’utilisation de données issues de nos enregistrements, volées depuis des années par les mastodontes de l’IA ? 
  • Nos syndicats et l’ADAMI doivent continuer à collaborer en vue d’améliorer le partage des bénéfices issues des enregistrements sonores et des œuvres audiovisuelles diffusées sur les plateformes de streaming.
  • L’ADAMI doit continuer à étoffer ses capacités juridiques et informatiques et à renforcer ses liens avec d’autres OGC (notamment ceux gérant des droits-voisins) pour mutualiser autant que possible les outils, tout en réaffirmant l’identité de l’ADAMI comme un organisme de gestion collective géré par les artistes interprètes, pour les artistes interprètes. Le rapprochement avec la SPEDIDAM doit poursuivre sa concrétisation.

La coopération entre l’ADAMI et nos syndicats s’est très nettement renforcée au cours des dernières années, notamment grâce au travail de la Présidence, du Comité exécutif et de la nouvelle direction générale. Nous ne pouvons que nous en féliciter ! Ce travail concret sur les dossiers essentiels (IA, plateformes de streaming, gestion des données…) se fait dans un respect mutuel et, bien sûr, dans l’intérêt des artistes interprètes que nous représentons. 

Les artistes interprètes pour qui le SFA et le SNAM-CGT vous conseillent de voter, qu’ils et elles soient « sortant·es » ou non, sont d’accord avec ces orientations. Elles et ils s’engagent à travailler ensemble avec les membres du Conseil d’administration en exercice, dont la majorité, grâce à vos votes, est issue de nos syndicats, pour consacrer leur énergie au développement d’un organisme de gestion collective indépendant, moderne et efficace, géré par les artistes interprètes, pour les artistes interprètes.

Voici la liste des artistes dont le SFA et le SNAM-CGT soutiennent la candidature : 

ADAMI 2026 – Conseil d’administration
Artistes dramatiquesArtistes de variétés,
jazz & musiques actuelles
Artiste lyrique
Jean-Paul BORDESÉdouard FERLETAnne-Sophie DUPRELS
Nathalie BOYERDorothée HANNEQUIN
Joseph GALLET
Christelle REBOULStéphane SCHARLÉ

 N’oubliez pas que vous pouvez voter pour les candidat·es dans chaque collège, que vous pratiquiez ou non cette discipline artistique

Nous vous demandons de bien voter pour chacun·e des candidat·es ci-dessus.

Cette liste est cohérente et renforcera l’unité du Conseil d’administration de l’ADAMI, dans l’intérêt de toutes et tous les artistes interprètes.

Dans la fonction publique territoriale, comme dans le secteur associatif (convention collective nationale ECLAT), la majorité des enseignant·es artistiques est méprisée et perçoit une rémunération indigne à peine plus élevée que le SMIC, passant sous le SMIC au 1er juin prochain pour les débuts de carrière.

Qu’ils et elles soient « assistant·es d’enseignement artistique » en catégorie B de la fonction publique territoriale ou « animateur·ices technicien·nes » dans les écoles associatives, le constat est le même : des enseignant·es formé·es, (sur)diplômé·es, parfaitement responsables de leur cours et de leur classe qu’ils et elles gèrent en autonomie, sans assister personne, non reconnu·es dans leurs compétences et leurs savoir-faire, payé·es quelques euros de plus que le SMIC en début de carrière, souvent précarisés pendant des années en tant que contractuel·les de la fonction publique territoriale vu les problèmes liés aux concours et la difficulté à accéder à l’emploi sous statut. 

De surcroît, parce que les emplois sont très souvent à temps non complet ou partiel, ce sont parfois les mêmes enseignant·es qui vont d’un établissement public à une structure associative et cumulent plusieurs postes bien malgré eux, dans une forme de précarité croissante. 

Dans la fonction publique territoriale, la situation des « assistant·es » qui n’assistent pourtant personne est sans équivalent : c’est le seul cadre d’emplois d’enseignant·e en catégorie B du pays. En effet, dans l’Éducation Nationale, les enseignant·es sont tou·tes classé·es en catégorie A. Les enseignant·es artistiques sont donc considéré·es comme un sous-professorat. Pourtant, le Conseil Supérieur de la Fonction Publique Territoriale (CSFPT) recommande depuis 2018 de reclasser tou·tes les enseignant·es artistiques en catégorie A.

Dans le secteur associatif, les employeurs s’appuient sur une lecture abusive de la notion d’évaluation présente dans la convention collective nationale ECLAT pour employer leurs enseignant·es sous la qualification « d’animateur·ice technicien·ne » et ainsi faire des économies de bouts de chandelle, au détriment des salarié·es qui font pourtant le même travail que leurs collègues professeur·es. Cela ne peut plus durer ! 

Le SNAM-CGT revendique que tou·tes les enseignant·es artistiques du pays, tant dans la fonction publique territoriale que dans le secteur associatif, soit reconnu·es comme professeur :

  • par le passage en catégorie A des presque 20 000 « assistant·es d’enseignement artistique » en catégorie B de la fonction publique territoriale, avec un temps de service de 20h et la création d’un cadre d’emploi spécifique pour les actuel·les professeur·es de catégorie A, avec un temps de service maintenu à 16h ;
  • par la généralisation de la qualification unique de « professeur·e » pour les artistes-enseignant·es du secteur associatif.

Le coût d’une telle mesure serait limité. Son impact, en revanche, serait majeur : 

  • pour un meilleur niveau de rémunération des enseignant·es ;
  • pour la reconnaissance du niveau de formation et des missions réellement exercées ;
  • pour une meilleure attractivité du métier de professeur·e ;
  • pour la cohérence statutaire ;
  • pour la reconnaissance et le financement d’un service public essentiel, celui de l’enseignement des arts.

Nous demandons la création d’une instance de concertation interministérielle pour échanger sur ces sujets avec les acteurs de l’enseignement artistique.


Pour porter ces revendications, les enseignant·es artistiques se rassembleront à l’appel du SNAM-CGT vendredi 22 mai à 11h aux abords du ministère de la culture. 


Depuis des années, le secteur musical s’est structuré en garantissant les droits aux artistes : salariat, déclarations aux caisses sociales, accès au régime d’assurance chômage des intermittent·es du spectacle, conventions collectives, cachets minimums…

Des aides publiques, par exemple du Centre National de la Musique, soutiennent les producteurs professionnels. Dans le secteur occasionnel, le GUSO permet de déclarer simplement les artistes et des dispositifs comme le Gip Cafés-Cultures ou certaines aides de la SACEM peuvent réduire significativement le coût d’un concert déclaré.

Mais aujourd’hui on repart en arrière.

Le travail au noir redevient la norme, notamment dans les petits lieux. Les salaires minimums ne sont plus respectés. Trop souvent, les employeurs maquillent leurs responsabilités en imposant aux artistes de jouer sur facture pour des montants qui ne permettent pas de les salarier tous. Tout le monde le sait, mais le vernis de légalité suffit à voir la combine se généraliser. 

Certes, en cas de contrôle ou de procès, les sommes à payer peuvent être requalifiées et majorées, avec des sanctions à la clé, y compris lorsqu’il est fait appel à un intermédiaire pour facturation. Mais chacun parie que ça ne lui arrivera pas. 

Parallèlement, les financements publics qui soutenaient l’emploi salarié dans les petits lieux ont été affaiblis, comme le Fonpeps Petites Salles (APAJ). Le GUSO, qui avait été conçu pour faciliter les déclarations sociales des artistes, ne joue plus correctement son rôle. Des officines de facturation prospèrent. L’Inspection du travail, avec laquelle la CGT-Spectacle a signé une convention nationale de lutte contre le travail illégal en 2024, n’est pas aujourd’hui suffisamment mobilisée pour faire respecter les droits des artistes. Même le Gip Cafés-Cultures, financé par les collectivités et l’État pour favoriser l’emploi salarié dans les cafés et les lieux associatifs, voit parfois son objet contourné par certains organisateurs qui fraudent. 

Nous refusons ces régressions : travail au noir, rétribution au chapeau, fausse facturation, petites combines entre amis. 

Nous saisissons donc : 

  • le ministère du Travail, pour que des contrôles de l’Inspection du travail soient menés dans les lieux de musique qui refusent de salarier les artistes ; 
  • le ministère de la Culture, pour que les aides à l’emploi dans les petits lieux soient revues et renforcées ;
  • le Centre national de la musique, pour qu’il renforce ses contrôles sur les aides qu’il attribue, notamment aux lieux qui en bénéficient ;
  • les services du GUSO, pour une amélioration globale du dispositif aussi bien pour les artistes que pour les employeurs ;
  • le Gip Cafés-Cultures, afin qu’il mette de vrais moyens dans le renforcement de son travail contre les fraudes.

Les lieux qui refusent des conditions dignes aux artistes doivent comprendre que la riposte s’organise.

Nous en appelons enfin à tous les artistes, qu’ils soient amateurs ou professionnels. La règle est la même pour tout le monde, quand on joue sur scène en étant rémunéré, c’est le droit du travail. Rapprochez-vous des antennes du SNAM-CGT partout en France pour que nous puissions interpeller les organisateurs de concerts, vous défendre, et dénoncer publiquement les abus. 

Paris le 16 avril 2026 


Snam.Infos n°97

 Publié le : 11 Mar 2026  

  • Entretien avec Hélène Mourot, présidente de la SPEDIDAM
  • La déclaration des frais professionnels réels engagés par les artistes
  • Brèves
  • Communiqué : Sur scène, les artistes de la musique ont des droits, unissons-nous pour les faire respecter
  • Tou·tes en catégorie A de la fonction publique territoriale
  • Tou·tes professeur·es dans l’associatif
  • Les examens professionnels des enseignant·es artistiques épisode 1/2 : la promotion interne
  • Quand les lobbys d’employeurs organisent le déclassement du métier d’enseignant·e !