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L'impunité jusqu'à quand ?

La presse se fait l'écho d'une agression sexuelle qui se serait déroulée sur une production de l'Opéra-Comique reprise ensuite par l’Opéra de Rennes puis par Angers Nantes Opéra.

Les informations qui nous sont parvenues laissent penser que, bien que la victime ait saisi les directions des 3 établissements qui programmaient l’œuvre, aucune d'entre elle n'ait entamé d'enquête au sein de l'entreprise en y associant les représentants du personnel, n'ait engagé de procédure disciplinaire vis à vis de la personne mise en cause et ne se soit non plus associée de quelque façon que ce soit au signalement que la victime a fait au Procureur de la République.

Alors que nous venons d'adopter avec différents partenaires institutionnels dont le ministère de la culture et les organisations d'employeurs un " plan d'action pour promouvoir l'égalité femmes-hommes et lutter contre les violences sexuelles et sexistes dans le secteur du spectacle vivant, de l'audiovisuel et du cinéma " et que celui-ci précise que " les signataires entendent affirmer qu’il ne peut y avoir d’impunité dans l’entreprise pour les auteurs de violences sexistes ou sexuelles, que les faits aient été portés à la connaissance de l’employeur suite à un signalement à la justice, ou à des démarches en direction des représentants du personnel ou de la hiérarchie ", la légèreté dont ont fait preuve les dirigeants des 3 structures concernées montre à quel point il y a encore loin entre les grandes déclarations et les actes concrets en situation sur le terrain.

La déclaration à la presse du Directeur de l'Opéra de Rennes, Mathieu Rietzler, laisse même pantois lorsqu'il affirme que "Notre rôle n'est pas de juger, mais de prendre des précautions ". Est-ce à dire qu'au sein de cet établissement, quel que soit le degré de gravité des actes commis, aucune sanction disciplinaire ne peut être envisagée ?

Le Directeur de l’Opéra Comique, Olivier Mantéi, qui n’a lui non plus pris aucune initiative pour établir les faits en vue de sanctionner la personne mise en cause, déclare de son côté sans rougir que les institutions lyriques seraient « de mieux en mieux armées en terme de procédure et de réactivité. » Il est vrai que la « Réunion des Opéras de France (ROF) » a adopté il y a quelques mois une « Charte Ethique » qui prétend notamment constituer un outil de lutte contre les violences sexuelles… sans jamais évoquer la question des sanctions ou de leur signalement à la Justice de la part des directions d’opéra.

Cette affaire venant après d’autres nous constatons que rien ne change et que les signalements opérés par les artistes eux-mêmes ou par le biais des représentants du personnel artistique que nous sommes restent trop souvent sans suite.

Nous venons d’écrire à la ministre le la culture Roselyne Bachelot et aux tutelles territoriales (Nathalie Appéré pour l’Opéra de Rennes, Johanna Rolland et Nicolas Béchu pour Angers-Nantes-Opéra) pour leur demander d’une part de se joindre à la plainte déposée par la victime et d’autre part engager des discussions pour aboutir à des consignes de procédures disciplinaires systématiques et de signalements à la Justice dans tous les établissements dont ils assurent la gouvernance.