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Enseignement artistique et Covid saison 2 : c'est encore pire

Comme en mars dernier, les enseignants artistiques sont au travail, mais en pire. Sur le terrain, si certains conservatoires gèrent la situation avec sérieux et responsabilité, ce n'est pas le cas de tous. Les situations dangereuses se multiplient, les témoignages inquiétants prolifèrent, les réquisitions illégales ressurgissent, les injonctions dépassent régulièrement les bornes sous prétexte de l’état d’urgence qui a bon dos.

Le décret 2016-151 sur le télétravail dans la fonction publique est clair : si un conservatoire veut utiliser le télétravail, il y a des règles. L'agent doit en faire la demande et l'employeur doit mettre à disposition le matériel nécessaire. Si ce dernier contraint l'enseignant à télétravailler au sein de l'établissement, les locaux dédiés doivent être vraiment adaptés à la pratique artistique ce qui n’est presque jamais le cas et des collègues se retrouvent dans des bureaux administratifs impraticables. Il en est de même pour le secteur privé, il est même prévu un dédommagement pour l’utilisation du domicile personnel. Pour les protections des données (RGPD), le respect du droit à l’image et le respect de la vie privé, il faut recueillir préalablement l’autorisation des parents. Ces règles sont les mêmes pour tout le monde.

Le maintien des cours destinés aux 3èmes cycles et aux CHAM rend l’organisation du travail difficile : il est souvent demandé aux enseignants de faire du présentiel et du télétravail. Ce mixage est ingérable. Les emplois du temps sont ubuesques, les contraintes de déplacement sont inextricables. Les heures de transport explosent. Quand la quotité d’heures hebdomadaires dépasse le temps de travail prévu, ce sont des heures supplémentaires : il faut qu’elles soient prises en compte.

Les pratiques des orchestres à l’école, les activités collectives CHAM et les interventions collectives en milieu scolaire ne permettent pas la protection des enseignants et cela est encore plus vrai pour les instrumentistes à vent qui ne bénéficient d’aucune protection. Ils circulent sur plusieurs établissements et, par conséquent, dans les transports en commun. Quid du confinement alors ?

La qualité de personne vulnérable, ou de personne partageant le domicile d’une telle personne, est revue depuis qu’une ordonnance du Conseil d’Etat a suspendu les restrictions d’août dernier. Nous invitons les artistes enseignants à ne pas se laisser faire à ce niveau, ce sont des droits.

Quelle anticipation depuis la rentrée de septembre ? Pas grand-chose. Beaucoup de structures ont été mobilisées par la rentrée sans prévoir ce qui était pourtant largement pressenti.

Souvent, le contexte financier est aussi prétexte à excuser les divers manquements à la sécurité au travail. Le gouvernement devrait penser à octroyer les moyens financiers nécessaires à notre secteur aussi.

Les enseignants veulent maintenir le lien pédagogique mais pas comme au Printemps. L’organisation envisagée, en général, est restée la même et ne convient pas. L’enseignement artistique doit pouvoir se poursuivre pour tous en respectant la santé de tous, avec des conditions de travail correspondantes. Ce n’est plus négociable.

Paris, le 5 novembre 2020

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