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Baisse de la subvention de la ville de Lyon à son opéra : communiqué

 

 

 

C’est avec stupéfaction que nous apprenons la décision de Madame Nathalie Perrin-Gilbert, adjointe à la culture de la ville de Lyon, de baisser la subvention de l’opéra de Lyon.
Alors que le budget 2021 avait été validé avec les autres partenaires publics lors de l’Assemblée Générale en décembre 2020, elle décide unilatéralement et sans concertation avec la direction de l’opéra de Lyon, de baisser la subvention de la ville de 500 000 euros.

Cette décision tombe au plus mauvais moment et va fragiliser encore un peu plus cette institution qui traverse une période incertaine en raison de l’arrêt des spectacles depuis un an.

Au regard du montant total du budget de l’opéra, cette baisse peut paraître dérisoire mais constitue en réalité un mauvais coup porté à la création et à l’emploi. En effet, 500 000 euros représentent le coup moyen d’une production d’opéra, ce qui aura des conséquences sur l’emploi des artistes et des techniciens intermittents, notamment les plus précaires. L’essentiel du budget étant dédié à la masse salariale des salariés permanents et intermittents, c’est par conséquent au budget artistique et à la création que la ville de Lyon s’attaque en privant les spectateurs d’un certain nombre de concerts et de spectacles lyriques et chorégraphiques et en privant les artistes et les techniciens, très fragilisés par la crise actuelle, de contrats de travail et de source de revenus.

Mme Perrin-Gibert justifie cette baisse pour favoriser l’émergence artistique et la création, c’est mal connaître les activités et la programmation de l’opéra de Lyon. En effet, l’opéra de Lyon a su s’adapter aux attentes de tous les publics, jeunes et moins jeunes, en proposant dans la programmation de la grande salle et de l’amphi, tous les styles de musique et chorégraphiques et en engageant des artistes émergents locaux et régionaux.

C’est aussi mal connaître son ancrage dans la cité alors que l’opéra de Lyon développe des actions culturelles et pédagogiques notamment en direction du jeune public et des publics fragilisés économiquement et socialement.

Mme Perrin-Gibert justifie par ailleurs sa décision par le soutien à l’émergence de la création dans le cinéma. Il est pour le moins inique de vouloir opposer des formes d’art différentes, le spectacle vivant et le cinéma souffrant tous les deux de la fermeture des salles, ces deux secteurs ont chacun besoin d’un soutien indéfectible de la puissance publique.

Nous avons du mal à croire que le Maire de Lyon, à peine élu, puisse prendre une telle décision lourde de conséquences au détriment du rayonnement des arts et de la culture, alors que l’ancienne municipalité avait déjà supprimé certaines dotations à l’opéra de Lyon, le privant de ressources importantes.

Nous espérons que la ville de Lyon saura revenir sur cette décision incompréhensible en ces moments difficiles où la culture et ses personnels ont besoin d’un soutien sans faille.