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En accord total avec la Fédération Internationale des Musiciens, le SNAM-CGT appelle les artistes musiciens et les institutions musicales de France à prendre toutes les initiatives susceptibles d’apporter une aide concrète aux victimes de l’invasion par l’armée russe de l’Ukraine.
Nous dénonçons avec force cette guerre injustifiable et les exactions commises à l’initiative d’un régime autoritaire avec lequel nous n’avons aucune complaisance.
Pour autant, aux USA, au Canada, en Pologne, en Italie, au Royaume Uni, mais aussi en France, des artistes ou des œuvres du répertoire russes sont déprogrammés.
Nous pouvons comprendre, compte tenu du contexte que certaines personnalités du monde de la culture ou du sport, ayant publiquement exprimé leur appui au Président Poutine et à sa politique d’annexion de l’Ukraine, puissent être visées par de telles mesures d’exclusion. Mais pour l’immense majorité des autres, on ne peut ignorer que les injonctions faites aux artistes résidant en Russie de se positionner sur le conflit les mettent potentiellement, eux et leurs familles, en proie à la répression du pouvoir autoritaire russe.
Et au delà du sort de ces artistes, il nous apparaît totalement illégitime que l’on assimile dans ce mouvement d’exclusion toute la culture séculaire de la Russie, tous ses auteurs, tous ses compositeurs, tous ses intellectuels, à un régime pour lequel ils et elles n’ont pas manifesté le moindre soutien.
Durant la première guerre mondiale, en 1916, le compositeur Maurice Ravel avait publiquement exprimé son refus de participer à une campagne qui visait à « condamner au silence l’Allemagne moderne pangermaniste»
Il nous appartient à notre tour de nous ériger contre cette stigmatisation d’œuvres ou d’artistes au nom de leur seule nationalité.
Faudra-t-il sinon exclure les artistes chinois en raison de la répression des Ouïghours, les interprètes turcs qui n’auraient pas reconnu le génocide des arméniens ou les compositeurs français, espagnols, anglais ou portugais du XVIIIème siècle complices des politiques esclavagistes de leurs souverains ?
C’est au contraire en défendant la pluralité des répertoires, en refusant de rentrer dans la logique de confrontation des peuples que nous pourrons manifester notre opposition aux totalitarismes de quelque nature qu’ils soient.
Le SNAM-CGT interpelle la Ministre de la Culture, les élus territoriaux ainsi que toutes et tous les responsables des institutions musicales françaises pour qu’ils ne cèdent pas aux tendances les plus populistes d’une culture de l’exclusion et qu’en dépit de la violence inouïe de ce conflit, ils permettent que s’expriment par la musique, dans toute sa diversité, les valeurs d’universalisme et d’humanisme  porteuses d’avenir et de paix.
Paris, le 23 mars 2022

MOTION 

Les syndicats fédérés de la CGT Spectacle, réunis en CFN ce 17 janvier 2022, constatent la nécessité de revendiquer la création d’une instance de dialogue et de liaison au sein de la CNAM à destination des « professions à caractère saisonnier ou discontinu », au sens de l’article R. 313-7 du Code de la sécurité sociale, à l’instar du Comité d’écoute des salariés intermittents (CESI) existant à Pôle emploi. Cette instance devra également prendre en compte la situation spécifique des artistes auteur·rice·s.

Nombreux sont les salarié·e·s de nos secteurs qui, enchaînant les contrats courts en CDD ou CDDU, sont maintenu·e·s dans une grande précarité, qui les a longtemps tenu éloigné du simple droit aux prestations en espèces de l’assurance maladie. Nos luttes, récentes et passées, ont permis d’obtenir des adaptations aux règles d’ouverture de droits, rendant théoriquement possible la perception d’IJ au titre de la maladie, de la maternité, de la paternité ou de l’adoption. Néanmoins, l’exercice effectif de ces droits est trop souvent rendu difficile par la méconnaissance de ces règles spécifiques par la sécurité sociale. Un retard énorme peut être pris dans le traitement des dossiers, plongeant alors ces salarié·e·s dans une situation financière difficile. Cela a pour effet de pousser certains et certaines à ne pas déclarer un arrêt maladie ou même un congé maternité, de peur d’être totalement privé·e·s de ressources.

Pour résoudre ces situations il faut non seulement des agent·e·s formé·e·s au traitement des dossiers de ces salarié·e·s et à l’application des règles spécifiques dont ils et elles dépendent, mais également que celles et ceux-ci soient identifié·e·s et joignables par les assuré·e·s sociaux. Les organisations syndicales ont, de leur côté, besoin d’interlocuteurs en capacité de réagir rapidement lorsqu’ils sont saisis de situations problématiques. Enfin ce pôle spécifique devra également, en lien avec les représentant·e·s des assuré·e·s sociaux au sein des instances des caisses primaires d’assurance maladie, être consulté sur son champ d’expertise, à propos de la rédaction des circulaires et instructions internes à la sécurité sociale, avoir la possibilité de mettre en évidence d’éventuelles lacunes du droit et pointer les évolutions nécessaires de ce dernier.

Nous devons bien entendu construire cette revendication avec la confédération et notamment avec les administrateur·rice·s sécurité sociale, car ces situations d’emplois discontinues ne concernent pas uniquement le spectacle et l’animation.

Enfin, et au-delà de la création de cette instance de dialogue, la fédération réclame également la création, au sein de la CNAM, d’un dispositif d’accès aux droits dédié aux travailleurs et travailleuses rentrant dans le cadre spécifique dit « des professions à caractère saisonnier ou discontinu » et aux artistes auteur·rice·s, dont le périmètre précis et les modalités de fonctionnement devront être construites sur la base la plus large.

Adoptée lors du Comité fédéral de la CGT Spectacle du 17 janvier 2022


Dans le secteur public, depuis des années, le point d’indice n’a pas été augmenté. Et même depuis tellement longtemps que lorsque l’on interroge les salariés, très peu se souviennent de la dernière fois.

La puissante machine libérale prétend qu’augmenter les salaires « ça freinerait la relance, la compétitivité, ça creuserait le déficit, etc ». Finalement, si on écoute ces oiseaux-là, ce n’est jamais le bon moment. Comme deux frères ennemis, augmentation des salaires et création d’emplois seraient incompatibles. Pourtant une règle de base s’impose : augmenter les salaires, c’est développer l’activité économique.

Concernant plus spécifiquement les enseignants de l’Education nationale, leurs salaires en milieu de carrière ont globalement stagné en France entre 2010 et 2020, et restent nettement inférieurs à la moyenne des pays de l’OCDE, selon son rapport annuel 2021 « Regards sur l’éducation ». Lorsqu’on rajoute que les enseignants artistiques territoriaux ont des grilles salariales moindres que celles de leurs homologue de l’Etat, ils sont probablement les enseignants les moins bien payés de France.

La CGT revendique :
* une revalorisation immédiate du point d’indice et un plan de rattrapage des pertes accumulées ;
* la valeur du point comme élément essentiel du traitement et du calcul de la retraite ;
* l’intégration des primes et indemnités dans la grille pour mettre fin aux inégalités entre agents et entre collectivités.

https://www.cgt.fr/dossiers/augmenter-les-salaires-cest-possible

https://cgtservicespublics.fr/vos-droits/carrieres-remunerations/remunerations/


Le rapport remis à la ministre Roselyne Bachelot par Caroline Sonrier et Emmanuel Quinchez est le fruit d’un travail de compilation de données qui était nécessaire, mettant en exergue un certain nombre de difficultés que rencontre un secteur considérablement fragilisé. Il pointe la baisse des budgets en euros constants, la multiplication et l’injonction à l’accomplissement de missions nouvelles sans financements supplémentaires, l’hétérogénéité des structures, l’inégalité d’implantation sur les territoires, le niveau inférieur des budgets des grandes institutions lyriques françaises vis-à-vis des autres grandes maisons d’opéra européennes et un certain nombre d’autres freins au développement de la création et de la diffusion de l’art lyrique en France.

Un certain nombre de recommandations qui en découlent ne peuvent que faire consensus. Mais au-delà de ces louables préconisations, il nous apparaît indispensable de noter différents points de profonds désaccords et autres oublis.

1- Répartitions des financements des maisons d’opéra :

Le SNAM-CGT est attaché à favoriser, chaque fois que c’est possible, la présence sur les territoires de maisons d’Opéra comportant en leur sein des formations musicales permanentes et des équipes techniques à même de développer la création et la diffusion « de proximité ». Certains choix sémantiques de Caroline Sonrier démontrent qu’elle ne partage pas cet objectif. Ainsi l’expression “marge artistique” est utilisée de très nombreuses fois dans ce rapport lorsqu’il s’agit de souligner la difficulté des institutions à développer leurs missions. Elle correspond pour nos administrations au budget restant une fois les dépenses incompressibles calculées, soit les cachets et défraiements des différents solistes et chefs invités. Le recours systématique à ce concept laisse à penser que Mme Sonrier porte une attention particulière dans son rapport aux chefs et aux solistes comme s’ils étaient les seuls garants de la qualité artistique. Rien d’étonnant lorsqu’on se souvient des personnes conviées aux différents groupes de travail. Mais qu’en est-il alors de toutes les forces permanentes présentes dans ces maisons au quotidien? Ne sont-elles pas, à tout le moins, aussi garantes de la qualité artistique? Au lieu de présenter la masse salariale des artistes permanents comme une entrave, au lieu de se focaliser sur la réduction de la partie budgétaire allouées aux solistes et chefs invités, la mission aurait pu s’interroger sur les cachets et conditions parfois délirantes de certains d’entre eux.

Au travers du rapport, on pourrait croire également que Mme Sonrier regrette que les maisons d’opéras aient assumé le choix de maintenir les forces permanentes malgré la stagnation des financements depuis des années.

Si les maisons d’opéras ont été obligées de réduire certains projets depuis plusieurs années, c’est bien parce que les financements n’ont pas suivi l’inflation. La difficulté ne réside donc pas dans la baisse de la marge artistique mais bien dans la baisse en euros constants des financements alloués pour toutes ces structures.

Or le rapport n’a pas mis en exergue le niveau insuffisant des budgets des institutions lyriques au regard de leurs homologues européens, et bien évidemment n’évoque pas le niveau extrêmement bas des rémunérations des artistes des chœurs et de ballets. Si ses auteurs évoquent parfois la stagnation des financements publics, voire leur baisse en euros constants, le rapport n’affirme jamais la nécessité d’une réévaluation des moyens budgétaires seuls à même de permettre un certain nombre de ses préconisations.

2- Fusion des labels : une préconisation qui nie le lien entre permanence et mission de service public :

La diversité des labels existants rend compte de l’hétérogénéité de ce que peuvent proposer les différentes structures en termes de moyens artistiques et de missions, de garantie de permanence de l’emploi et d’ancrage territorial. au travers de cahiers des charges spécifiques. Pourtant, tout au long du rapport, la mission considère sans distinction toutes les “maisons d’opéra”, quel que soit leur modèle économique, depuis des opéras permanents dotés en leur sein de toutes les forces administratives, musicales et techniques nécessaires à la création et à la diffusion des oeuvres du répertoire lyrique, jusqu’aux structures dont la programmation repose essentiellement sur une politique d’invitation ou de résidence.

Elle dénonce le traitement inégal que l’Etat réserverait aux institutions permanentes (labellisées ou non) vis-à-vis des structures ayant obtenu le label de scènes lyriques d’intérêt national, comme si la permanence des emplois artistiques et techniques, l’ancrage territorial n’apportaient aucun bénéfice quant à la qualité et à l’accomplissement de toutes les missions de service public.

Alors que la quasi-totalité des grandes scènes lyriques mondiales fondent leurs activités sur la permanence de l’emploi, la mission Sonrier nie le lien organique entre la présence au quotidien, l’ancrage territorial des formations orchestrales et chorales et l’accomplissement des missions de service public. Au contraire, en de nombreuses occasions, par petites touches, la mission dresse un portrait caricatural des maisons d’opéra permanentes et de leurs formations musicales : frein à la création, à la diversité des répertoires, difficulté à s’adapter aux nouveaux  enjeux écologiques et sociaux… autant de lourdeurs et de handicaps qui pourraient être compensés par une présence accrue de structures “indépendantes” invitées.

Ce portrait à charge se conclut par la préconisation d’une fusion des labels existants, comme si la reconnaissance par l’État ne devait s’évaluer qu’au regard de critères purement esthétiques. Cette proposition de fusion des labels, présentée comme répondant à une nécessité de simplification, ne nous semble pas tenir compte des capacités inégales des différentes structures lyriques à respecter sans discontinuer les cahiers des charges qui avaient précisément été définis pour répondre aux besoins des territoires en termes de création et de diffusion.

Une telle préconisation, si elle était adoptée, représenterait selon nous une incitation implicite en direction des élus territoriaux à réviser leurs soutiens à la permanence des emplois au profit de modèles économiques reposant sur un recours abusif à l’assurance chômage pour financer des missions permanentes (cf. la récente décision de la Cour de Cassation de Lyon).

Il aurait été plus judicieux de permettre à ces maisons de répondre au cahier des charges actuel en leur donnant les moyens nécessaires à l’accomplissement de toutes les missions artistiques et à la création d’équipes permanentes.

 

3- Aucune perspective pour les ensembles indépendants :

Compte tenu des difficultés que connaissent bon nombre d’ensembles spécialisés, il aurait été très utile de prévoir un plan de de soutien et de développement, une réflexion sur leurs missions, sur leur apport indispensable au travers des territoires. En cela, les préconisations du rapport manquent singulièrement d’ambition et ne proposent aucune perspective adaptée aux spécificités de ces ensembles.

Ainsi, considérés comme “plus simples d’utilisation” au motif qu’ils seraient en capacité de monter des spectacles plus rapidement, ces structures ne sont considérées qu’au regard des capacités des structures permanentes à les accueillir, les laissant dans une précarité intolérable. Selon le rapport, ces ensembles seraient également plus aptes à favoriser de plus nombreuses créations contemporaines, mais il n’y a aucune préoccupation ni de la qualité, ni sans aucune considération des conditions de travail des artistes. Le rapport regrette cependant leur faible taux de financement qui représenterait un frein à la découverte de nouveaux répertoires, à de nouvelles créations ou interprétations.

Dans son refus de prendre en compte la diversité des modèles économiques, le rapport “oublie” de mettre en évidence cette contradiction que génère le sous-financement de ces ensembles spécialisés, vantés pour leurs pratiques artistiques innovantes mais contraints de faire appel au mécénat et à un volume important d’autofinancement, ressources par nature moins favorables à la prise de risque artistique. À l’inverse, elle s’obstine à associer une image de “routine” artistique aux maisons d’opéras permanentes, alors que précisément, leur moindre injonction à générer des recettes propres les rend plus à même de prendre le risque d’explorer l’univers des possibles.

 

Ce rapport préconise une collaboration entre les maisons d’opéra et des compagnies lyriques afin de permettre des formats adaptables pour les tournées. Il est évident que la mobilité répond à un véritable besoin permettant un meilleur accès pour tous au répertoire lyrique, cependant cette préconisation sous-entend d’une part que les structures permanentes seraient incapables d’organiser cela avec leurs propres forces mais également fait la démonstration du peu d’ambition pour ces compagnies lyriques, les cantonnant à des missions de diffusion “hors les murs” sans grande stratégie de développement. Encore une fois, la précarité des emplois et donc la recherche du moindre coût semble être le seul horizon envisagé.

 

4- Rééquilibrage sur le plan géographique :

Cette problématique renvoie à une réalité incontournable : l’absence dans un certain nombre de régions françaises, de structures de création et de diffusion musicales permanentes. Mais aucune préconisation n’est avancée pour travailler à la création, en lien avec les élus territoriaux des régions qui en sont dépourvues, de structures permanentes qui seraient en capacité d’assurer les mêmes missions de service public et le même niveau d’exigence que les opéras ayant obtenu le label national. La permanence est pourtant un élément essentiel nécessaire à l’accomplissement, sur tout le territoire, des différentes missions de service public qui sont celles de ces maisons car seules des forces permanentes permettent le développement d’une identité propre à chaque ensemble; celle-ci ne pouvant se développer qu’avec un travail régulier d’un même groupe d’artistes. Au-delà des arguments artistiques et sociaux qui plaident en faveur de la permanence des emplois des artistes, l’urgence écologique place désormais les collectivités et l’Etat devant une nouvelle responsabilité : qui pourrait aujourd’hui nier que l’ancrage territorial, les “circuits courts” de création et de diffusion artistiques, et donc l’implantation de structures permanentes sur les territoires soient des réponses modernes face à ces enjeux de nécessaire réduction du bilan carbone.

5- Evolution des missions :

Les auteurs de ce rapport jugent nécessaire une évolution des missions des musiciens mais cet objectif semble, toujours selon eux, se heurter au fait que les artistes soient frileux devant d’éventuels changements. Comment Madame Sonrier peut-elle affirmer cela sans avoir discuté avec tous les représentants des artistes? L’étude menée par le SNAM-CGT auprès des artistes interprètes des orchestres et des chœurs témoigne au contraire de l’intérêt qu’ils portent vis-à-vis de l’accès de tous les publics à leurs spectacles. Or dans ce rapport, il n’y a aucune préconisation tarifaire pour faciliter l’accès à tous. De plus, les métiers de médiation et ceux d’artiste-interprète requièrent des compétences distinctes et ce n’est pas en réduisant les activités d’interprètes au profit d’activité de médiateur pour les missions d’EAC que les publics les plus divers auront d’avantage accès aux spectacles d’opéra. Madame Sonrier souligne à juste titre la multiplication de ces nouvelles missions dévolues sans contreparties financières permettant de les mener à bien. Nous regrettons alors qu’elle n’ait pas jugé opportun d’inclure dans ses recommandations la nécessité de nouvelles lignes de financements dédiées à l’éducation artistique et culturelle.

6- Ballets :

Sans préconiser la suppression du recours à la danse, le rapport précise, de manière paradoxale, d’externaliser les compagnies et de les rendre autonomes. Compte tenu du paysage de la danse, il ne fait que peu de doute que cette proposition renverrait ces compagnies et leurs danseurs vers le monde de l’intermittence. Alors que ce métier souffre déjà d’une grande précarité (turn over abusif dans les structures de droit public et d’une absence totale de gestion de fin de carrière), les séparer des structures permanentes ne ferait qu’accroître ces difficultés. Encore une fois ce rapport renvoie vers plus de précarité.

7- FONPEPS :

La création du fonds national pour l’emploi pérenne dans le spectacle répondait à une logique d’aide à la déprécarisation de l’emploi même si peu adaptée aux réels besoins des maisons d’opéra. Or, le rapport limite son recours aux seules structures ayant déjà des emplois permanents «qui traversent une mauvaise passe » ou qui « souhaitent favoriser l’emploi des jeunes artistes…». Nombre de maisons d’opéra comme celles de Tours, Saint Etienne, Limoges, Dijon ou Lille développent des missions de service public, sont ancrées dans les territoires, font même référence à une nomenclature d’emplois mais ont un recours systématique à l’intermittence pour une partie de leurs emplois. Plutôt que de limiter le recours au FONPEPS aux seules structures ayant déjà des emplois permanents, il eût été plus ambitieux et plus fondateur de préconiser un véritable plan pour l’emploi dans ces structures par le biais effectivement d’aides de type FONPEPS dont tout le monde sait que le secteur du classique a très peu bénéficié.

8- Captations :

Le rapport préconise plus de diffusions audiovisuelles. Cette seule recommandation, bien que louable, est totalement insuffisante car si l’objectif de retransmettre plus régulièrement des spectacles d’opéra et de danse est bien entendu une bonne idée, il ne pourra se faire qu’avec l’appui de l’audiovisuel public qui doit prendre part à ce projet avec des moyens alloués pour cela et des diffusions à des heures de grande écoute.

9- Les sujets absents du rapport :

Nous ne pouvons que regretter que le rapport de cette mission soit totalement muet sur des questions pourtant fondamentales comme la lutte contre la précarité, le recours abusif à la pratique amateur dans les choeurs, la prévention des risques sanitaires, la souffrance au travail, la vétusté des locaux ou encore des conditions de travail de manière générale.

Il n’y a absolument rien non plus permettant d’orienter les structures lyriques intermittentes vers des créations de délégations syndicales permettant un meilleur dialogue social et une meilleure prise en compte des atteintes à la dignité des personnes.

10- Conclusion et appel au dialogue :

En conclusion, le rapport aborde un certain nombre de points qui ne peuvent que faire consensus. Il en est ainsi des craintes concernant la fragilité financière d’un grand nombre de maisons d’opéra françaises, et des insuffisances constatées en matière de démocratie culturelle, de décentralisation et d’ouverture à de nouveaux publics.

Mais derrière ces déclarations, les préconisations formulées par la mission ne nous semblent pas de nature à répondre à ces enjeux fondamentaux. Cette mission manque par exemple singulièrement d’ambition pour tous les territoires qui ne sont pas dotés de structures lyriques permanentes. On ne retrouve aucune ambition pour un meilleur accès pour tous, pour une plus grande diffusion sur tout le territoire et aucune proposition économique n’est formulée pour les ballets et les chœurs permanents avec une totale absence de reconnaissance pour tous ces artistes présents au quotidien, devant tout le temps démontrer leur capacité et l’excellence nécessaire à la présentation de spectacles tout au long de leur carrière. De même, s’agissant des structures dont l’activité repose sur l’intermittence des emplois, aucun plan de soutien, aucune perspective de développement vers la permanence des emplois n’est envisagée si ce n’est de venir grappiller quelques ressources en participant ponctuellement à la programmation des grandes institutions.

En refusant d’aborder les thématiques de l’art lyrique sous l’angle de la place et de l’importance de toutes nos missions de  service public, en refusant de travailler à des politiques d’aménagement du territoire, en niant ce qui distingue les modèles économiques et les missions des différentes structures étudiées, Caroline Sonrier et Emmanuel Quinchez finissent par considérer que, quel que soit le régime d’emploi de leurs artistes, le volume et la nature de leur activité, leur capacité de création artistique, toutes les structures lyriques devraient bénéficier de la même considération de l’Etat sous la forme d’un label unique. Une telle préconisation nous semble devoir être combattue avec vigueur. Elle nous apparaît en effet révélatrice d’une vision libérale inspirée par un modèle basé sur l’intermittence et la précarité qui ne trouve aucun équivalent au sein des grandes scènes lyriques internationales.

Nous appelons à l’ouverture d’un débat avec l’ensemble des participants de cette mission mais aussi avec tous ceux et toutes qui en ont été exclus pour qu’un plan ambitieux pour l’art lyrique en France puisse être formulé et porté par l’ensemble de ses acteurs auprès des pouvoirs publics.

Télécharger le document ici.


Le ministère de la Culture communique aujourd’hui ( lire ici ) sur la mise en place d’une des mesures de soutien à l’emploi dans le secteur du spectacle dit  » occasionnel  » qui avait été initialement annoncé à l’occasion du Conseil National des Professions du Spectacle (CNPS) présidé par Roselyne Bachelot et Elysabeth Borne le 11 mai (lire ici).

La concrétisation de l’engagement du printemps d’  » accompagner la réouverture des salles et de permettre aux artistes et au public de se retrouver à nouveau  » avec une mesure de soutien à l’emploi artistique arrive bien tard. La saison est bel et bien finie et l’annonce d’aujourd’hui ne permettra pas de dynamiser l’activité des très nombreux musiciens et musiciennes qui sont restés au chômage durant les mois d’été. Mais, déjà, la publication bien trop tardive à la mi-aout des décrets FONPEPS censés soutenir l’emploi dans les petits lieux ou en tournée montrait la légèreté avec laquelle la ministre de la culture concrétise les promesses faites aux artistes et aux techniciens mobilisés en masse au printemps dernier.

Au mieux ces mesures constitueront donc une divine surprise pour les organisateurs de spectacles qui ont organisé des manifestations cet été.

Alors que la reprise de cet été n’aura été que très partielle et que la mesure de prolongation de l’année blanche de 4 mois seulement jusqu’à la fin décembre de cette année ne sauvera pas tous les intermittents du spectacle, nous réclamons plus que jamais un véritable plan de soutien à l’emploi artistique.

Le secteur du spectacle occasionnel est un vivier d’emploi important pour les artistes musiciens et musiciennes et, en zone rurale par exemple, que ce soit par le biais des cafés-cultures ou des festivités organisées par le monde associatif, il constitue la majeure partie de l’offre de spectacle vivant musical sur certains territoires. A l’heure où le ministère de la culture se prévaut d’un ambitieux budget 2022, le soutien financier de l’Etat à son développement est un impératif social et culturel.

Paris, le 24 septembre 2021.


En cette rentrée de septembre 2021, en plus de la Covid-19 qui perdure, des gestes barrières à conserver, voilà un nouveau venu, le pass sanitaire.

Mis en place par le gouvernement pour limiter les risques de diffusion épidémique, pour minimiser la probabilité de contamination dans des situations à risque, et donc la pression sur le système de soins, tout en permettant de maintenir ouvertes certaines activités ou lieux en complément des protocoles sanitaires propres à chaque secteur, ce nouvel objet social s’installe dans l’environnement professionnel des enseignants artistiques avec son lot d’incertitudes et d’inégalités.

Comment l’appliquer précisément dans les conservatoires ? Quels publics sont concernés ? Quels enseignants et/ou enseignements sont impactés ? Une nouvelle fois, c’est la cacophonie. Les textes officiels sont particulièrement complexes, à la limite de l’illisible. Les autorités territoriales redoublent d’interprétations diverses et variées. Ici on ouvre sans, là on l’exige uniquement aux auditions, ailleurs il sera demandé à tous les élèves majeurs et donc à leurs enseignants. A quelques jours de la rentrée, où toutes les équipes s’organisent, rien n’est calé. Et plutôt que d’organiser la chasse au virus, c’est souvent la chasse aux salariés non vaccinés qui s’instaure.

Il semblerait que les écoles associatives soient traitées différemment que le secteur public et que le fameux pass y soit obligatoire quelles que soient les situations. Les Présidents des associations concernées, responsables aussi de la situation sanitaire de leurs structures, redoublent de prudence. L’enseignement artistique et ses professionnels avaient-ils besoin de cette rupture d’égalité de traitement ? Certainement pas et cette discrimination est inacceptable. Le virus ferait-il la différence entre un cours de musique donné dans un conservatoire public ou dans une école associative ?

Il est de notre rôle d’aider les artistes enseignants dans cette confusion généralisée qui fragilise les salariés à tous points de vue. Nous renvoyons vers notre document juridique régulièrement mis à jour : https://www.snam-cgt.org/memo-passe-sanitaire/. Nos syndicats dans toutes les régions sont disponibles pour agir lorsque des Directions outrepassent leurs droits.

Pendant ce temps-là, les emplois publics statutaires reculent, le point d’indice reste bloqué depuis des années, le service public en général continue de se dégrader, conséquence directe de la loi sur la transformation de la fonction publique. Ne nous laissons pas berner par ce nouvel os à ronger. Nous n’avons aucun avantage à tirer des divisions sur la vaccination, sur le pass sanitaire, sur le secteur professionnel public ou privé.

La CGT s’est exprimée en faveur d’une généralisation de la vaccination en France et dans le monde pour lutter contre la pandémie. Elle s’oppose à ce que les personnes dépourvues de pass sanitaire soient sanctionnées au niveau de leurs contrats de travail ou de leurs salaires et soutiendra les salariés concernés.

Paris, le 2 septembre 2021

LE COMMUNIQUE EN PDF ICI 


Le secteur musical se présente souvent comme un lieu de concertation permanente entre tous les types d’acteurs au centre de laquelle le ministère de la culture devrait orchestrer des débats en toute transparence. Au contraire, plusieurs exemples récents nous font penser que beaucoup de décisions se prennent loin des artistes eux-mêmes ou de leurs représentants. Ce constat nous a même amené il y a quelques semaines à quitter la mission qu’avait installée la ministre de la culture Roselyne Bachelot sur l’avenir des maisons d’opéra en région ; en effet, l’exclusion des représentants des artistes lors de la constitution des groupes de travail nous était parue insupportable.
Face à ce mépris des artistes nous avons lancé une vaste enquête auprès des instrumentistes, des chanteurs et des danseurs des formations permanentes pour recueillir leur avis sur la situation de leurs ensembles et sur les enjeux d’avenir. Après dépouillement des centaines de réponses (près de 400 contributions) qui nous sont parvenues nous avons travaillé à une synthèse reprenant la plupart des thématiques illustrées par de nombreuses citations des artistes.
La diversité des approches, la richesse des commentaires et des propositions de ce document nous laisse penser que décidément oui, et n’en déplaise aux experts qui prétendent décider de l’avenir de la vie musicale sans les musiciens, nous pouvons répondre positivement en mesure à la question posée ci-dessus.
Notre document intitulé les artistes des orchestres et des maisons d’opéra prennent la parole aborde les questions sociales comme celles des missions des institutions qui les emploient ou celles des rapports avec leurs publics.
Il est en téléchargement ici.
Nous vous convions à une présentation à la presse de cette enquête et du document final
le 7 juillet de 17H30 à 18H
A l’issue des rencontres ACCORD MAJEUR
au conservatoire Darius Milhaud à Aix-en-Provence (salle Cézanne 213) 

 

Paris le 6 juillet 2021

 Une enquête réalisée ces derniers jours auprès de plus de 500 musiciens et musiciennes montre que la reprise des concerts reste plus qu’hypothétique pour beaucoup et que la prolongation de l’année blanche de 4 mois seulement est insuffisante pour éviter les baisses d’allocations en janvier.

Les annonces tardives du gouvernement, notamment sur l’autorisation de concerts « debout », ont empêché nombre d’organisateurs de spectacle de programmer des évènements cet été. L’incertitude qui règne sur les décisions finales des préfets ou des maires fait que beaucoup s’abstiennent de prendre le risque d’engager des frais et de signer des contrats avec des artistes. D’un point de vue financier, si certains acteurs recherchent des solutions du côté des aides déployées par le Centre National de la musique (CNM), beaucoup d’autres sont sans solution. C’est le cas des organisateurs de manifestations gratuites qui caractérisent normalement la vie musicale estivale.

La cacophonie des annonces ministérielles a provoqué des situations ubuesques, trouvant leur apogée autour de la fête de la musique : concerts dans les bars d’abord interdits, puis autorisés à la dernière minute alors que la plupart étaient, logiquement, annulés : les artistes programmés initialement ne seront pas indemnisés par le chômage partiel qui n’a de toute façon quasiment jamais fonctionné pour eux.
Le mouvement social inédit, qui a vu depuis le mois de mars une centaine de théâtres et de lieux culturels occupés dans tout le pays, a porté la revendication d’un vaste plan de soutien à l’emploi artistique. En le limitant à quelques dizaines de millions d’euros, le gouvernement n’a pas pris la mesure des besoins. Mais le pire est sans doute que les annonces faites en ce sens par Roselyne Bachelot et Elysabeth Borne lors du Conseil National des Professions du Spectacle (CNPS) du 11 mai ne se sont encore caractérisées par aucune annonce concrète en direction de nos potentiels employeurs. On évoque aujourd’hui des aides qui pourraient être annoncées courant juillet (y compris celles pour le Off d’Avignon qui commence dans quelques jours !) et dont le paiement n’interviendrait qu’à l’automne. C’est mal connaître la fragilité du secteur musical, caractérisé notamment par une myriade de petites associations, que d’imaginer qu’en procédant de la sorte on va réellement soutenir l’emploi des artistes cet été.
Pire, dans un contexte où les artistes et les groupes sont dans une dramatique course aux concerts, le spectre du travail au noir sous ses diverses formes (paiement en liquide, facture sans bulletin de salaire, déclaration de la moitié des artistes seulement…) ressurgit plus que jamais.
Dans ces conditions, fort logiquement, les artistes constatent qu’ils ne reprendront que très partiellement le travail cet été. Nous publions (cliquer ici) les premiers résultats d’une enquête en ligne menée ces derniers jours auprès des professionnels qui le confirme.
Le refus du gouvernement de prolonger l’année blanche au- delà de 4 mois au motif que la reprise du travail permettra à chacun de faire le nombre d’heures nécessaire ne va faire qu’aggraver la situation des musiciens et musiciennes qui, après des mois de baisse de revenus dû à l’absence de concerts vont mécaniquement subir en janvier une baisse de leurs allocations chômage faute d’avoir suffisamment travaillé. C’est la double peine. La Ministre de la Culture Roselyne Bachelot et le gouvernement ont soutenu financièrement « quoi qu’il en coûte » les entreprises, notamment les plus grosses, pour qu’elles traversent la crise. L’effort n’a pas été le même pour les artistes.
En ce début d’été nous appelons les artistes à continuer leurs mobilisations sous toutes les formes.
Paris le 30 juin 2021

 

 

 

C’est avec stupéfaction que nous apprenons la décision de Madame Nathalie Perrin-Gilbert, adjointe à la culture de la ville de Lyon, de baisser la subvention de l’opéra de Lyon.
Alors que le budget 2021 avait été validé avec les autres partenaires publics lors de l’Assemblée Générale en décembre 2020, elle décide unilatéralement et sans concertation avec la direction de l’opéra de Lyon, de baisser la subvention de la ville de 500 000 euros.

Cette décision tombe au plus mauvais moment et va fragiliser encore un peu plus cette institution qui traverse une période incertaine en raison de l’arrêt des spectacles depuis un an.

Au regard du montant total du budget de l’opéra, cette baisse peut paraître dérisoire mais constitue en réalité un mauvais coup porté à la création et à l’emploi. En effet, 500 000 euros représentent le coup moyen d’une production d’opéra, ce qui aura des conséquences sur l’emploi des artistes et des techniciens intermittents, notamment les plus précaires. L’essentiel du budget étant dédié à la masse salariale des salariés permanents et intermittents, c’est par conséquent au budget artistique et à la création que la ville de Lyon s’attaque en privant les spectateurs d’un certain nombre de concerts et de spectacles lyriques et chorégraphiques et en privant les artistes et les techniciens, très fragilisés par la crise actuelle, de contrats de travail et de source de revenus.

Mme Perrin-Gibert justifie cette baisse pour favoriser l’émergence artistique et la création, c’est mal connaître les activités et la programmation de l’opéra de Lyon. En effet, l’opéra de Lyon a su s’adapter aux attentes de tous les publics, jeunes et moins jeunes, en proposant dans la programmation de la grande salle et de l’amphi, tous les styles de musique et chorégraphiques et en engageant des artistes émergents locaux et régionaux.

C’est aussi mal connaître son ancrage dans la cité alors que l’opéra de Lyon développe des actions culturelles et pédagogiques notamment en direction du jeune public et des publics fragilisés économiquement et socialement.

Mme Perrin-Gibert justifie par ailleurs sa décision par le soutien à l’émergence de la création dans le cinéma. Il est pour le moins inique de vouloir opposer des formes d’art différentes, le spectacle vivant et le cinéma souffrant tous les deux de la fermeture des salles, ces deux secteurs ont chacun besoin d’un soutien indéfectible de la puissance publique.

Nous avons du mal à croire que le Maire de Lyon, à peine élu, puisse prendre une telle décision lourde de conséquences au détriment du rayonnement des arts et de la culture, alors que l’ancienne municipalité avait déjà supprimé certaines dotations à l’opéra de Lyon, le privant de ressources importantes.

Nous espérons que la ville de Lyon saura revenir sur cette décision incompréhensible en ces moments difficiles où la culture et ses personnels ont besoin d’un soutien sans faille.


UNE PLAISANTERIE ?

Depuis le début de la crise :

– Une majorité d’artistes enseignants a continué à travailler à distance et ce depuis la 1ère semaine du confinement. Malgré ces conditions de travail fortement dégradées, souvent sans que leurs employeurs ne leur fournissent le matériel adéquat, ils n’ont cessé de maintenir un lien pédagogique avec les élèves ;

– D’autres ont été placés en chômage partiel, principalement dans le secteur associatif. Leur faire rattraper des heures de travail pendant la période des congés s’apparenterait donc à de la fraude ;

– Aucune intervention de l’Etat n’a été déployée, ni en direction des collectivités territoriales qui ont à leur charge les politiques publiques d’enseignement artistique, ni en direction des enseignants eux-mêmes ;

– Le mix de présentiel/distanciel et le couvre-feu imposés par les différents décrets ont fait exploser les temps de trajet, multiplier les temps de travail et réduit d’autant le temps libre des professionnels qui envisagent de profiter complètement des quelques jours de congés de fin d’année… tout en continuant à préparer les cours qui reprendront en janvier.

Les enseignants, sur lesquels a reposé la continuité du service public rendu à la population, sont épuisés et ont donc besoin des congés de fin d’année. Ils entendent bien participer aux fêtes de fin d’année avec leurs proches !

NOUS DEMANDONS :

– DES EXCUSES PUBLIQUES DE MADAME BACHELOT ;

– QUE LES ORGANISATIONS SYNDICALES REVIENNENT AU CENTRE DU DIALOGUE SOCIAL EN S’APPUYANT SUR L’EXPERTISE DES PERSONNES QUI SONT SUR LE TERRAIN POUR L’ORGANISATION DU TRAVAIL EN PERIODE DE CRISE SANITAIRE ;

– QUE LES ENSEIGNANTS ARTISTIQUES PUISSENT, COMME LES ENSEIGNANTS DE L’ÉDUCATION NATIONALE, PERCEVOIR LA PRIME NUMÉRIQUE.

 

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