Rassemblement enseignant·es artistiques du vendredi 22 mai 2026 – Communiqué de presse

 Publié le : 19 Mai 2026  

Dans la fonction publique territoriale, comme dans le secteur associatif (convention collective nationale ECLAT), la majorité des enseignant·es artistiques est méprisée et perçoit une rémunération indigne à peine plus élevée que le SMIC, passant sous le SMIC au 1er juin prochain pour les débuts de carrière.

Qu’ils et elles soient « assistant·es d’enseignement artistique » en catégorie B de la fonction publique territoriale ou « animateur·ices technicien·nes » dans les écoles associatives, le constat est le même : des enseignant·es formé·es, (sur)diplômé·es, parfaitement responsables de leur cours et de leur classe qu’ils et elles gèrent en autonomie, sans assister personne, non reconnu·es dans leurs compétences et leurs savoir-faire, payé·es quelques euros de plus que le SMIC en début de carrière, souvent précarisés pendant des années en tant que contractuel·les de la fonction publique territoriale vu les problèmes liés aux concours et la difficulté à accéder à l’emploi sous statut. 

De surcroît, parce que les emplois sont très souvent à temps non complet ou partiel, ce sont parfois les mêmes enseignant·es qui vont d’un établissement public à une structure associative et cumulent plusieurs postes bien malgré eux, dans une forme de précarité croissante. 

Dans la fonction publique territoriale, la situation des « assistant·es » qui n’assistent pourtant personne est sans équivalent : c’est le seul cadre d’emplois d’enseignant·e en catégorie B du pays. En effet, dans l’Éducation Nationale, les enseignant·es sont tou·tes classé·es en catégorie A. Les enseignant·es artistiques sont donc considéré·es comme un sous-professorat. Pourtant, le Conseil Supérieur de la Fonction Publique Territoriale (CSFPT) recommande depuis 2018 de reclasser tou·tes les enseignant·es artistiques en catégorie A.

Dans le secteur associatif, les employeurs s’appuient sur une lecture abusive de la notion d’évaluation présente dans la convention collective nationale ECLAT pour employer leurs enseignant·es sous la qualification « d’animateur·ice technicien·ne » et ainsi faire des économies de bouts de chandelle, au détriment des salarié·es qui font pourtant le même travail que leurs collègues professeur·es. Cela ne peut plus durer ! 

Le SNAM-CGT revendique que tou·tes les enseignant·es artistiques du pays, tant dans la fonction publique territoriale que dans le secteur associatif, soit reconnu·es comme professeur :

  • par le passage en catégorie A des presque 20 000 « assistant·es d’enseignement artistique » en catégorie B de la fonction publique territoriale, avec un temps de service de 20h et la création d’un cadre d’emploi spécifique pour les actuel·les professeur·es de catégorie A, avec un temps de service maintenu à 16h ;
  • par la généralisation de la qualification unique de « professeur·e » pour les artistes-enseignant·es du secteur associatif.

Le coût d’une telle mesure serait limité. Son impact, en revanche, serait majeur : 

  • pour un meilleur niveau de rémunération des enseignant·es ;
  • pour la reconnaissance du niveau de formation et des missions réellement exercées ;
  • pour une meilleure attractivité du métier de professeur·e ;
  • pour la cohérence statutaire ;
  • pour la reconnaissance et le financement d’un service public essentiel, celui de l’enseignement des arts.

Nous demandons la création d’une instance de concertation interministérielle pour échanger sur ces sujets avec les acteurs de l’enseignement artistique.


Pour porter ces revendications, les enseignant·es artistiques se rassembleront à l’appel du SNAM-CGT vendredi 22 mai à 11h aux abords du ministère de la culture.