Categories: Actualités, Nos communiqués, Spectacle vivant, Toutes les actualités
Sur scène, les artistes de la musique ont des droits, unissons-nous pour les faire respecter
Publié le : 16 Avr 2026Depuis des années, le secteur musical s’est structuré en garantissant les droits aux artistes : salariat, déclarations aux caisses sociales, accès au régime d’assurance chômage des intermittent·es du spectacle, conventions collectives, cachets minimums…
Des aides publiques, par exemple du Centre National de la Musique, soutiennent les producteurs professionnels. Dans le secteur occasionnel, le GUSO permet de déclarer simplement les artistes et des dispositifs comme le Gip Cafés-Cultures ou certaines aides de la SACEM peuvent réduire significativement le coût d’un concert déclaré.
Mais aujourd’hui on repart en arrière.
Le travail au noir redevient la norme, notamment dans les petits lieux. Les salaires minimums ne sont plus respectés. Trop souvent, les employeurs maquillent leurs responsabilités en imposant aux artistes de jouer sur facture pour des montants qui ne permettent pas de les salarier tous. Tout le monde le sait, mais le vernis de légalité suffit à voir la combine se généraliser.
Certes, en cas de contrôle ou de procès, les sommes à payer peuvent être requalifiées et majorées, avec des sanctions à la clé, y compris lorsqu’il est fait appel à un intermédiaire pour facturation. Mais chacun parie que ça ne lui arrivera pas.
Parallèlement, les financements publics qui soutenaient l’emploi salarié dans les petits lieux ont été affaiblis, comme le Fonpeps Petites Salles (APAJ). Le GUSO, qui avait été conçu pour faciliter les déclarations sociales des artistes, ne joue plus correctement son rôle. Des officines de facturation prospèrent. L’Inspection du travail, avec laquelle la CGT-Spectacle a signé une convention nationale de lutte contre le travail illégal en 2024, n’est pas aujourd’hui suffisamment mobilisée pour faire respecter les droits des artistes. Même le Gip Cafés-Cultures, financé par les collectivités et l’État pour favoriser l’emploi salarié dans les cafés et les lieux associatifs, voit parfois son objet contourné par certains organisateurs qui fraudent.
Nous refusons ces régressions : travail au noir, rétribution au chapeau, fausse facturation, petites combines entre amis.
Nous saisissons donc :
- le ministère du Travail, pour que des contrôles de l’Inspection du travail soient menés dans les lieux de musique qui refusent de salarier les artistes ;
- le ministère de la Culture, pour que les aides à l’emploi dans les petits lieux soient revues et renforcées ;
- le Centre national de la musique, pour qu’il renforce ses contrôles sur les aides qu’il attribue, notamment aux lieux qui en bénéficient ;
- les services du GUSO, pour une amélioration globale du dispositif aussi bien pour les artistes que pour les employeurs ;
- le Gip Cafés-Cultures, afin qu’il mette de vrais moyens dans le renforcement de son travail contre les fraudes.
Les lieux qui refusent des conditions dignes aux artistes doivent comprendre que la riposte s’organise.
Nous en appelons enfin à tous les artistes, qu’ils soient amateurs ou professionnels. La règle est la même pour tout le monde, quand on joue sur scène en étant rémunéré, c’est le droit du travail. Rapprochez-vous des antennes du SNAM-CGT partout en France pour que nous puissions interpeller les organisateurs de concerts, vous défendre, et dénoncer publiquement les abus.
Paris le 16 avril 2026
