Les coupes budgétaires touchent aussi bien le spectacle vivant que l’enseignement artistique

 Publié le : 24 Juin 2025  

Après le gel des crédits octroyés à la part collective du Pass Culture, certaines DRAC annoncent des baisses sur le programme 361 «transmission des savoirs et démocratisation de la culture», jusque-là relativement épargné : – 15% par exemple en Nouvelle-Aquitaine. Enième mensonge de notre ministre de la Culture qui répète à qui veut l’entendre  » qu’il ne manquera pas un euro dans les territoires » .

Quant à l’enseignement spécialisé, les militant·es des syndicats du SNAM commencent déjà à être alerté·es de non-renouvellements de CDD dans la fonction publique territoriale ou de fermetures de classe… Même le CRR de Toulouse, établissement historique, subit le gel des recrutements et le non-remplacement des enseignant·es (pétition disponible sur change.org).

En outre, vendredi 6 juin dernier, a eu lieu le comité annuel de suivi du SNOP. De brillantes interventions ont émaillé la matinée, notamment au sujet des violences de toute nature (sexuelles, verbales, éducatives). Pourtant, force est de constater qu’aucun budget ne sera dégagé pour faire face à ces enjeux et aux autres ambitions du SNOP.
Pire : pour pallier le manque d’attractivité de nos métiers, la seule solution proposée est le recrutement dérogatoire (notamment pour les directeur·ices et les PEA nécessaires au classement à rayonnement départemental ou régional) ainsi que l’assouplissement des règles concernant l’encadrement des élèves inscrits en cycle menant au Diplôme National, plutôt que d’envisager une meilleure organisation des concours d’accès à l’emploi statutaire ou une revalorisation des conditions de travail et de rémunération, en lien avec le ministère de la fonction publique.

Mais l’attaque la plus rude actuellement concerne l’enseignement supérieur :

  • Désengagement du conseil régional des Pays de la Loire auprès du Pont Supérieur Bretagne/Pays de La Loire. En conséquence, aucun recrutement d’étudiant·es en Diplôme d’Etat/Diplôme National Supérieur Professionnel pour la prochaine rentrée ;
  • Fusion du Pôle d’Enseignement Supérieur Musique et Danse de Bordeaux et du Pôle Aliénor Poitiers-Tours, au motif affiché de proposer une «offre pédagogique unifiée» ;
  • Baisse de 780 000 euros du ministère sur le budget du CNSMD de Lyon, répercutée immédiatement et sans concertation sur les formations au Certificat d’Aptitude de professeur.

Tout cela intervient après un premier drame pour l’enseignement supérieur : la fermeture du Centre de Formation des Musiciens Intervenants (CFMI) du Grand Est, en 2024.

L’avenir des étudiant·es en musique et en danse n’a jamais été aussi incertain. Nos métiers sont menacés d’extinction par une telle attaque des formations préparant au DUMI, au DE, au DNSPM ainsi qu’au CA. Et au bout du compte, c’est tout le service public de l’enseignement des arts ainsi que les usagers qui seront perdants.

La rentrée 2025 sera mobilisée ou ne sera pas.

Paris le 24 juin 2025