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Communiqué de sortie : Assemblée générale des enseignant·es artistiques, organisée par le Snam-CGT à Paris, le Vendredi 14 mars 2025
Publié le : 17 Mar 2025Notre fédération, la CGT spectacle, a lancé un appel à mobilisation nationale : nos métiers, la culture, les arts et leur enseignement, sont en péril imminent.
Les enseignant·es artistiques ont toute leur place dans ce mouvement. Qu’il s’agisse de mobilisations locales, pour des revendications propres à l’école dans laquelle ils et elles travaillent (respect de la CCN ECLAT dans l’associatif, pour un meilleur régime indemnitaire dans le public, pour la nomination des lauréat·es des concours et des examens professionnels, pour le respect du droit à la CDIsation et à la revalorisation des agents contractuel·les, pour la reconnaissance du temps de travail et du calendrier scolaire etc.) ou de porter les revendications CGT nationales («tous en catégorie A» dans le public, tous «professeurs» dans l’associatif, pour une instance interministérielle de concertation et de dialogue social propre à l’enseignement et l’éducation artistiques) : nous, réuni·es en assemblée générale ce jour, décidons d’investir la mobilisation.
Précarité induite par un accès défaillant à l’emploi statutaire en raison de concours peu et mal organisés ainsi que par le recours massif à la contractualisation dans le public ou encore par des contrats abusifs dans l’associatif ; faiblesse des rémunérations qui démarrent tout près du SMIC et peinent à s’en extraire ; manque de reconnaissance des enseignant·es artistiques, de leur temps de travail effectif, de leur valeur professionnelle et pédagogique ; extrêmes difficultés à évoluer vers la catégorie A pour les assistants de la fonction publique territoriale, et à plus forte raison pour les musicien·nes intervenant·es qui en sont privé·es ; sous-financement chronique des établissements d’enseignement artistique spécialisé, qu’ils soient publics ou associatifs ; manque criant de volonté politique ; pire : projet de remise en cause de l’annexe 1 fixant les conditions d’emploi et de travail des enseignant·es du secteur associatif sous la convention collective nationale ECLAT. La coupe est pleine.
En mars 2024, un premier mouvement de mobilisation des enseignant·es artistiques s’était organisé, conduisant une quarantaine d’équipes à se mettre en mouvement. Aujourd’hui, il nous faut recommencer, avec davantage de puissance encore. Car ne nous y trompons pas : les coupes budgétaires de l’Etat et des collectivités territoriales dans le secteur culturel ne portent pas uniquement sur la création, le spectacle vivant et l’audiovisuel. Elles tombent aussi sur les services d’enseignement artistique, que ce soit en direct ou par le biais d’associations.
Quelques exemples actuellement en débat ou déjà votés :
- En Loire-Atlantique, une école municipale prévoit de revoir sa voilure en termes de projets transversaux suite à la baisse de la dotation du département (- 42 500 €). Si une compensation par la communauté de communes est envisagée pour 2025, l’horizon est bien plus sombre pour 2026 ;
- Dans les Landes, une école de musique associative qui contractualise ses enseignant·es sans respecter la convention ECLAT dit qu’en régularisant les contrats et en absorbant les baisses de dotation, il n’y aura plus de cours individuels mais seulement des groupes de 3, qui devront impérativement être complets pour être maintenus. Tant pis pour les autres inscrits ;
- En Ille-et-Vilaine : baisse de 50% des subventions aux écoles de musiques, soit 1 million d’euros ;
- Dans les Côtes d’Armor : baisse de 10 % en moyenne des subventions aux écoles de musique ;
- Dans le Morbihan : hausse de 3 % du budget du Schéma Départemental de l’Enseignement Artistique (qui comprend l’EAC) – c’est-à-dire un simple maintien en euros constants ;
- En Gironde : – 50% pour le soutien du département aux activités artistiques, actions et manifestations culturelles, qui passe de 18 millions d’euros en 2023 à 9 millions d’euros en 2024 ;
- Dans l’Hérault : – 100% sur le budget culture c’est-à-dire une suppression pure et simple des crédits ;
- En Haute-Garonne : – 49% sur le budget culture et patrimoine du département et – 30 millions sur le budget du secteur associatif et culturel de la mairie de Toulouse et de la métropole toulousaine.
Cette liste n’est malheureusement pas exhaustive.
En termes d’éducation artistique et culturelle, ce n’est guère mieux : on pensait le Pass Culture intouchable, sacré aux yeux des différents gouvernements qui se sont succédés jusqu’à aujourd’hui. Ce n’est pas le cas. Après le plafonnement de la part collective à 72 millions d’euros pour 2025 – plafond si vite approché que l’Etat a dû bloquer les réservations des établissements scolaires pour cette fin d’année scolaire – c’est au tour de la part individuelle d’être revue à la baisse depuis le 1er mars 2025. Sans compter que les musicien·nes intervenant·es en milieu scolaire sont toujours injustement bloqués en catégorie B de la fonction publique territoriale, faute de discipline existante au concours de PEA. Quant aux projets mixtes type DEMOS, ils se font la plupart du temps au détriment des conditions d’emploi et de rémunération des agents et salarié·es chargé·es d’encadrer et d’enseigner les élèves.
Par ailleurs, les enseignant·es artistiques s’engagent dans la lutte contre les violences et harcèlements de toute nature, militent au sein d’un groupe de travail dédié, produisent des outils de prévention et de lutte, saluent et font leur le plan annoncé ce mois par le ministère de la culture 2025-2027.
Pour nous informer et nous outiller, le Snam-CGT met à la disposition de chacun·e tout ce qui peut être utile en termes de communication et d’information ici : https://cloud.snam-cgt.org/s/fm44GBwB2Xnf8zf
Nous serons présent·es :
- Dans les assemblée générales, les actions et les manifestations organisées du 17 au 23 mars et particulièrement jeudi 20 mars, suite à l’appel fédéral et confédéral à la mobilisation ;
- Parmi nos collègues musicien·nes dimanche 23 mars à 15h devant la grande halle de la Villette et nous visibiliserons l’enseignement artistique en tant que tel. Infos ici : https://taplink.cc/musicien.ne.senlutte ;
- Dans nos établissements, auprès de nos collègues, pour mener un travail de fond de mobilisation ;
- Dans les établissements voisins, pour prendre le relais des enseignant·es et nous épauler.
Avant la fin de l’année scolaire, nous construirons une ou plusieurs actions spécifiques et visibles consacrées aux revendications nationales, notamment pour exiger la création d’une instance interministérielle de dialogue social propre à l’enseignement et l’éducation artistiques.
Nous nous coordonnerons nationalement, en assemblée générale, de façon régulière.
La mobilisation n’est plus une option ! C’est une nécessité. Ne comptons que sur nous-mêmes.
Paris, le 14/03/2025
